Le patrimoine mémoriel des guerres
59140
Conflits commémorés
Type de monument

Il a pour objet central le corps d'un poilu reposant sur un sarcophage et se profilant en lumière ombré d'une niche plein cintre. Aux pieds du sarcophage ont été placé le fusil, le sac et le casque.

Dans le fond de la niche, le Blason de la Ville de Dunkerque encadré d'inscription (cité dans l'intitulé « inscription »). Au dessus de la niche central une frise de lauriers, de palmes et de couronnes avec une autre inscription.

Plus haut encore, dans l'espace formé par les arcs de l'ogive, deux statues, la Justice, appuyé sur son épée et la Liberté, détachant sa chaîne, encadrant l'autel surmonté d'une flamme symbolisant la Patrie.

A droite et à gauche, deux fines colonnes engagées encadrent le monument et soutiennent les arcs d'ogives, formant ainsi une belle unité de 10 mètres de haut.

En avant , sur le sol dallé, deux bornes cylindriques reliées par une chaîne de défense, auxquelles s'ajoutent de par et d'autre deux lampadaires en bronze, mesurant 2 m10 de hauteur, 62cm de largeur et sont placés à 1m70 du sol.

Enfin élément invisible mais tout aussi important, le coffre de bois comportant les noms des soldats morts pour la patrie est placé sous le corps du gisant, dans le sarcophage. Les élèves des écoles Pratique de Jeunes Filles et de Jeunes Garçons de Dunkerque ont confectionné le cousin, sur lequel repose le tube de cristal renfermant les noms.

Caractéristiques
Matériaux

Pierre d'Euville fine dite de marbrier Marches, soubassement et bornes en granit poli, les attributs militaires, les 3 panneaux décoratifs du bas, chaînes et colliers des bornes en bronze patiné

Prix
250 000 francs
Souscription
117 000 francs
Subvention de l'État
13 680 francs

Les lampadaires ont coûté environ 19 250 francs.

Commentaires

Le cénotaphe du beffroi
Enchâssé entre les piliers ouest du beffroi de Saint-Éloi, le cénotaphe du centre-ville est certainement l’un des monuments aux morts les plus étonnants de l’agglomération. Conçue par le sculpteur parisien Pierre Fritel avec l’aide d’un artiste local, Charles Marquette, cette oeuvre perpétue le souvenir des quelque 1500 Dunkerquois ayant perdu la vie au cours de la der des ders.
Au centre se trouve un gisant, incarnation du soldat inconnu, reposant sur un sarcophage à la base duquel ont été déposés un fusil, un sac et un casque de poilu.
De part et d’autre de cette tombe symbolique, on peut lire, gravés dans la pierre, les noms des plus grandes batailles de la Grande Guerre.
Enfin, surmontant l’ensemble, deux statues, allégories féminines de la Justice et de la Liberté, veillent sur l’autel de la Patrie.

Au dessus du monument sur toute sa largeur est inscrit :
1914-1918
1939-1945

À SES ENFANTS MORTS POUR DÉFENDRE
LA PATRIE LA JSUTICE ET LA LIBERTÉ
LA VILLE DE DUNKERQUE
PIEUSEMENT RECONNAISSANTE
-
À gauche, de haut en bas :
MARNE
YSER
FLANDRES
ARTOIS
SOMME
AISNE
CHAMPAGNE

-
À droite, de haut en bas :
VERDUN
ARGONNE
LORRAINE
ALSACE
ITALIE
SERBIE
DARDANELLES

-
Sur la niche à côté des armes de la Ville deux inscriptions :  

  • la première sur l'arc qui ferme la niche et où on y lit:
    Ils ont combattu sur terre, sur mer, dans les airs 
  • la deuxième de chaque côté du motif principal, sur la pierre nue, les noms qui illustrent et jalonnent toute la ligne des combats, des plaines boueuses des Flandres aux rivages arides des Dardanelles. 

Sur la face du sarcophage, bien en évidence, est inscrit :
Souvenez-vous !

Photo : Conservation régionale des monuments historiques [O. Liardet, A. Lefebvre, A.-L. Devernay]

Ce monument honore la mémoire des 1213 militaires dunkerquois morts pour la France durant la Grande Guerre.
Son inscription dans le paysage urbain, depuis 1923, au cœur même de la ville, face à l’église Saint- Eloi qui porte encore les stigmates des conflits du XXe siècle, témoigne aussi des souffrances endurées par la cité durant la Première Guerre  mondiale. Les bombardements opérés par air, terre et mer sur Dunkerque occasionnèrent 575 tués dont 262 civils.

1914-18

Pas de noms

  • FRITEL Pierre Sculpteur
    Partie : Sculpture
  • MARQUETTE Charles Sculpteur
    Partie : Sculpture
  • RÉVEILLON Entrepreneur
    Partie : Monument
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dessin du Monument aux Morts
Dunkerque Monument aux Morts
Monument aux morts de la Grande Guerre
Monument aux Morts
Localisation

Adossé au pied de la Tour Saint Eloi, sur le croisement de la rue Ronac'h et de la Rue Clémenceau.
Sur la face Est du Beffroi en vis à vis de l'église Saint Eloi.


Historique du monument

1921

Commission d’art

samedi 31 décembre 1921

Approbation à l'exécution du projet de monument commémoratif de la guerre prévu pour la tour Saint-Éloi à Dunkerque.

J'ai avisé directement de cette décision M. Pierre Fritel, auteur du projet Le directeur des Beaux-Arts Signé Paul LÉON

1922

Marché de gré à gré

samedi 25 février 1922

Entre Henri Terquem, maire de Dunkerque et
Monsieur Fritel sculpteur, demeurant à Paris, 63, rue Mouton Duvernet

Monsieur Fritel s'engage à exécuter le Monument aux Morts de la Ville de Dunkerque tel qu'il est prévu au projet annexé à la présente convention

Le monument mesurera 10m de hauteur et sera encastré dans la façade est du Beffroi ; il sera construit en pierre d'Euville fine dite de marbrier, les marches, soubassement et bornes en granit poli, les attributs militaires, les 3 panneaux décoratifs du bas, chaînes et colliers des bornes en bronze patiné. L'entreprise comprend tous les travaux de construction, fondation, raccords, remise en place de la porte dans l'ogive à l'ouest du Beffroi, palissades etc.

Le monument sera prêt au plus tard pour le 11 novembre 1922

Le prix est fixé à 250 000 Francs payable 1/10 dès approbation de la convention, 1/10 au commencement des travaux, 7/10 au fur et à mesure de l'avancement des travaux, le dernier 1/10 au plus tard trois mois après la remise du Monument

Courriers divers

mercredi 17 mai 1922

Lettre au sous-préfet

Vous avez bien voulu me faire savoir que pour que soit approuvée la délibération du 13 avril dernier du Conseil Municipal de Dunkerque, décidant d'apposer à l'intérieur de l'Hôtel de Ville Deux plaques commémoratives portant les noms des fonctionnaires municipaux morts pour la France pendant la guerre 1914-1918, l'autorisation du gouvernement devait être sollicitée, Il doit y avoir malentendu ou erreur d'interprétation... ...

Courriers divers

mardi 23 mai 1922

Le Préfet au sous-préfet

Réponse au courrier précédent

L'apposition des plaques est bien soumise à autorisation

Demande d'envoi d'un croquis des plaques

Commission d’art

jeudi 1 juin 1922

Préfecture du Nord

Avis de la Commission

Avis favorable à l'approbation du projet adopté par le conseil municipale de Dunkerque en vue de l'érection d'un monument à la mémoire des soldats morts pour la France

1923

Marché de gré à gré

lundi 15 janvier 1923

Marché de gré à gré entre Henri Terquem Maire de Dunkerque et Charles MARQUETTE, sculpteur demeurant 22 rue Albert 1er à Dunkerque

Il a été convenu ce qui suit :

- M. Charles Marquette s'engage à exécuter pour le Monument aux Morts le travail suivant : -

  • Torchère en bronze patiné, ensemble se composant d'un motif inférieur avec guirlande, palme, colonnettes, pilastres, consoles et couronne
  • - un motif supérieur avec rosace applique, support de traverse avec étriers, munie de 5 rosaces et enfin de 2 flambeaux de 1m70 environ de hauteur, le tout formant un ensemble de 2m10 cm environ de hauteur et 62 cm de largeur
  • - Flammes en verre Le montant de ce travail s'élèvera à la somme globale de 19 034 F les deux torchères posées Les paiements se feront au fur et à mesure de l'exécution du travail

Délibérations Conseil municipal

vendredi 26 janvier 1923

Extrait du Registre

Présents Absents

Inauguration

dimanche 15 avril 1923

Arrivée du convoie présidentiel à la gare de Dunkerque à 15h avec à son bord : M Poncaré accompagné du Ministre de la Marine, M Raiberti, du Maréchal Foch, du Général Desticker, de l'Amiral Ronarc'h. Accueillit par M. Terquem, maire de Dunkerque, entouré par les officiels et les parlementaires.

Le cortège se met en route, sous les acclamations de la foule, jusqu'à la place de la République, où sont rangés les troupes du 110ème régiment d'infanterie, la garde d'honneur du drapeau des fusiliers marins, la musique de l'école des Fusiliers, les pompiers, les sociétés d'anciens militaires, les enfants des écoles, les sociétés de gymnastique et préparation militaire.

Puis le garde à vous éclate et la marseillaise est entonnée. Devant les officiers décorés, s'est placé l'Amiral Barthes, commandant en chef des frontières maritimes de la Manche et de la mer du Nord, à qui le Président remets la légion d'honneur, puis le défilé commence. Le cortège officiel arrive au pied du Beffroi devant le monument couvert par une toile. A la droite du cortège l'Eglise Saint Eloi, déchiquetée par les obus et à sa gauche le vieux Beffroi, résistant au temps et au tempête, nouveau protecteur du monument érigé par les pieux dunkerquois à la mémoire de leurs chers morts.

Une fois le cortège installé sur l'estrade, construit pour l'occasion, le Président de la section dunkerquoise de l'union Nationale des Combattants, M Lucien Delrue, prononce sont discours, où il remercie le Maire de Dunkerque et toute la population pour avoir pris part à la construction de ce monument pour le souvenir du passé et l'héroïsme des dunkerquois. A la fin de son discours, deux mutilés viennent lentement baisser l'étoffe voilant les monuments. La marseillaise est de nouveau entonnée cette fois par les musiciens de l'harmonie des Artistes musiciens et par les chanteurs de la Jeune France placé en face de l'estrade. Puis ils chantent l'hymne « ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie. » S'en suit le discours du Maire de Dunkerque, M Terquem où il exprime la pensée et le sentiment gravés dans la pierre par le Maître Fritel. Puis Il laisse place au Président à qui il remet le coffret où il vient d'y déposer délicatement les noms des enfants mort pour la patrie. Le Président scelle la dernière pierre reliant ainsi le présent et l'avenir à tout le passé de la cité. Le cérémonial se finit sur un dernier mot du Maire.

Archives -O. Ryckebusch

Procès-verbal de Réception

jeudi 16 août 1923

Procès-verbal de réception définitive

Monsieur P. Fritel, sculpteur, entrepreneur, en vertu d'un marché de gré à gré du 25 février 1922

Nous sommes transportés au Monument aux Morts pour examiner en présence de Monsieur Henri Terquem, maire, de MM. Henri Boursel et Émile Dubuisson, conseillers municipaux et du sieur P. Fritel, entrepreneur

Les travaux de sculpture, constructions et d'appareillage exécutés par ce dernier

Et avons reconnu que ces travaux satisfont aux conditions du devis et se trouvent en bon état d'entretien

Délibérations Conseil municipal

mardi 28 août 1923

28 août 1923 Registre des délibérations Recto (1)

2009

Presse

dimanche 1 novembre 2009

Dunkerque Magazine, Novembre 2009, n°201, p. 28

Dunkerque Magazine

Dernière modification : vendredi 28 mars 2025

Partager la page