Le patrimoine mémoriel des guerres
62800
Conflits commémorés
Type de monument
Statue d'un mineur soutenant un soldat blessé et une plaque en bas-relief (Le bas-relief a disparu)
Caractéristiques
Matériaux
pierre blanche
Commentaires

signatures des sculpteurs sur la base PEYNOT – A. LAOUST
[Emile PEYNOT ? (1850-1932)
André LAOUST 1843-1924]

LIÉVIN
À SES ENFANTS
MORTS POUR LA FRANCE
1914-1918


1914-18
Pas de noms
1939-45
Pas de noms
  • GONIAUX Jean Architecte
    Partie : Monument
  • DELMOITIEZ A. Entrepreneur
    Partie : Monument
  • LAOUST André-Louis Sculpteur
    Partie : Sculpture
  • PEYNOT Émile Sculpteur sur le monument PEYNOT Émile Sculpteur a signé le monument
    Partie : Sculpture (signature)
Monument aux Morts de la guerre 1914-18
Monument avant rénovation
Localisation

dans le jardin public, devant la Maison de Tous, Rue du 4 Septembre


Historique du monument

1920

Note

mardi 24 février 1920

Situation des Recettes et des dépenses communales à la date du 23 février 1920

AdPdC-Lievin-2O-10754

Délibérations Conseil municipal

mardi 5 octobre 1920

Érection d'un monument aux morts pour la Patrie
Souscription publique
Désignation d'un comité

AdPdC-Lievin-2O-10754

1923

Devis

jeudi 15 février 1923

Jean GONIAUX et Cie
Architecte

AdPdC-Lievin-2O-10754

Délibérations Conseil municipal

dimanche 18 février 1923

Aménagement d'une place pour l'érection du monument aux morts de la guerre
Approbation des plans, devis et cahier des charges et vote de crédit

AdPdC-Lievin-2O-10754

Clauses et conditions générales

mardi 20 février 1923

AdPdC-Lievin-2O-10754

Note

jeudi 1 mars 1923

Receveur municipal

Il reste une somme de 150 000 frs

AdPdC-Lievin-2O-10754

Rapport Ponts-et-Chaussées

samedi 14 avril 1923

AdPdC-Lievin-2O-10754

Inauguration - Presse

mardi 23 octobre 1923

Le Journal de Lens édition du 23 octobre 1923 (Mémoires de Pierre)

Dimanche a eu lieu à Liévin, au milieu d’une énorme affluence, l’inauguration du beau monument aux victimes civiles et militaires de la Grande Guerre.
La population et les nombreux visiteurs ont admiré, à juste titre, l’œuvre remarquable de M. Lahouste (sic) et de MM. Goniaux, architecte à Douai et Delmoitez, à Liévin.
Le monument représente un robuste mineur, torse nu, soutenant dans ses bras un soldat mourant. En bas, sur la face principale, un bas-relief montre une femme, la ville de Liévin, regardant renaître de ses ruines la nouvelle cité des mines.
C’est là, certainement, un des plus beaux monuments qu’il nous ait été donné d’admirer. M. Desgréaux, maire de Liévin, et président du comité du monument, ne put, en raison de son état de santé, assister à la cérémonie.
Il fut remplacé par ses deux adjoints, entourés des membres de conseil municipal et de tous les membres du comité.

A 14 heures, les adjoints reçurent les sociétés à la mairie et leur offrirent le champagne de bienvenue. Il y avait plus de 40 sociétés.

Vers 15 heures, M. Stirn, sous-préfet de Béthune, arrive. Il est entouré de MM. Bédard, premier adjoint ; Goulet, deuxième adjoint ; les membres du conseil municipal ; MM. Roy, brasseur et Leroy, vice-président ; M. Caron, secrétaire général de la mairie et secrétaire du comité ; M. Leroy, curé-doyen ; M. Aeschieman, pasteur protestant ; les maires de Angres, Souchez, et MM. Morin, Martin, inspecteur divisionnaire de Lens et les personnalités locales. Après le défilé, M. Bédard souhaita la bienvenue au sous-préfet, représentant le gouvernement et l’ami de tous les sinistrés. M. Stirn remercia ajoutant que « sur le terrain de la reconnaissance, tous les cœurs se rapprochent et c’est pourquoi il est heureux de voir à côté de républicains, de socialistes, le doyen et le pasteur. Aujourd’hui en effet, ajoute-t-il, c’est la fête du souvenir pour tout le monde. C’est alors l’instant solennel : les drapeaux sont groupés autour du monument ; le voile tombe et toutes les fanfares exécutent la Marseillaise. M. Bédard, premier adjoint, présente les excuses de M. Desgréaux et donne lecture du discours suivant que M. le maire devait prononcer si la maladie ne l’avait empêché : « En élevant ce monument, ce que nous avons voulu c’est matérialiser les sentiments de notre région. C’est rendre tangible aux yeux des générations futures le souvenir des quinze cent mille Français fauchés en pleine jeunesse et nos regrettés compatriotes en particulier, tombés au nom de la Justice, du Droit et de la Liberté. Ce monument parlera à nos enfants. Il sera pour eux une vivante leçon de choses, qui complétera l’histoire apprise à l’école, il leur dira que les sacrifices de la grande guerre ont sauvé les vivants d’aujourd’hui : que c’est grâce à leur dévouement que la France a pu échapper aux plus effroyables dangers qui l’aient jamais menacée, nous permettant d’aspirer à une ère de paix féconde dans le travail et la liberté. Quant à nous mes chers concitoyens, ces pierres évoqueront constamment à nos yeux l’horrible tragédie : la déclaration de guerre d’août 1914, l’appel de la patrie en danger, le départ unanime de tous les hommes valides, bourgeois, ouvriers, paysans se précipitant vers la frontière pour y faire un rempart de leur poitrine. Plus de 745 de nos poilus sont restés sur les champs de batailles, plus de 363 civils ont péri victimes des bombardements. La liste trop longue ne me permet pas d’en faire ici l’énumération, mais leurs noms seront inscrits en lettres d’or dans le vestibule de la nouvelle mairie, pour être salués au passage par tous les visiteurs. Leurs exploits surhumains furent restés vains s’ils n’avaient été largement approvisionnés de matériel pour répondre au déluge de mitraille que leur envoyaient les soldats du despote germanique. Il fallut du charbon en quantité pour la fabrication des engins nécessaires à notre défense. On fit appel aux laborieux mineurs. Ils furent sublimes dans leur dévouement pour la grande cause. Le bassin houiller se trouvait sous les canons ennemis ; les bombardements détruisaient les puits d’extraction et éventraient les toits des cités ouvrières. Les mineurs se rendaient quand même au travail. Menacés chez eux, en danger dans la rue, ils descendaient dans les galeries souterraines, incertains de revoir la lumière du jour pour apporter leur tribut à l’œuvre grandiose de la défense nationale. Ils durent se surmener, intensifiant leur besogne au maximum, et bien des leurs succombèrent à la tâche par suite d’accidents inévitables. Eux aussi sont morts au champ d’honneur et nous leurs devons le même tribut de reconnaissance et d’admiration. Civils soldats, ouvriers mineurs, vous êtes la trinité, martyrs du droit violé. Notre mémoire demeurera impérissable et l’histoire enregistrera votre bravoure ».

La place nous manque pour donner in extenso ce magnifique discours.
En voici la conclusion : « Pour célébrer comme il convient cette journée du souvenir et de la reconnaissance de nombreuses bonnes volontés se sont manifestées. J’adresse nos remerciements aux délégués qui sans distinction ont assumé la charge de recueillir les souscriptions. Mes plus sincères remerciements aux souscripteurs, du plus modeste jusqu’au plus aisé. A messieurs des membres du comité d’érection, pour le concours précieux et dévoués qu’ils m’ont prêtés, à mes collègues du conseil municipal, qui, en toutes circonstances, accordèrent leur confiance au maire et enfin aux sociétés houillères pour leur concours moral et pécuniaire. Merci aussi et au nom du comité, mes plus vives félicitations aux artistes distingués dont le talent s’est affirmé d’une façon si remarquable. A l’ami Mousseron qui a bien voulu dédier à Liévin, l’une de ses œuvres si vivantes. A toutes les sociétés locales et environnantes qui se sont fait représenter à cette cérémonie et les respects de toute la population à M. Stirn, sous-préfet de Béthune, qui nous fit l’honneur de présider cette commémoration ».
Le discours de M. Desgréaux est chaleureusement applaudi.

La foule se presse de plus en plus nombreuse autour de l’estrade.
Le poète-mineur, M. Mousseron, de Denain, lit une poésie patriotique en patois et des milliers de poitrines l’acclament.
M. Stirn, sous-préfet, vient ensuite et après avoir fait des vœux pour le prompt rétablissement de M. Desgréaux, évoque le souvenir de tout ceux qui sont morts pour la liberté.
Il applaudit lui aussi à la poésie de M. Mousseron. Lui aussi rend hommage aux mineurs qui se sont dévoués et il déclare saluer une trinité sainte : les victimes civiles, les mineurs et les poilus. Il est aussi de ceux qui, en bon Français, ne veulent plus de guerre, mais il croit que ceux qui nous ont ruiné doivent payer pour nous indemniser et réparer. En terminant, il dit qu’on ne doit pas oublier c’est la République, qui en élevant sainement les enfants, a forgé l’outil de la victoire.

Après l’exécution de l’Hymne aux morts, par les enfants des écoles, les parents viennent déposer au pied du monument des bouquets et des gerbes de fleurs.
Puis la foule défile devant le monument, tandis que les sociétés parcours les rues avant de se disloquer place Gambetta.

Après les concerts prévus, la ville rentra dans le calme, malgré l’afflux énorme de la population, la municipalité ayant voulu qu’en ce jour de commémoration il n’y eut aucune réjouissance publique. Le matin avaient eu lieu en présence de nombreux fidèles, des cérémonies religieuses des cultes catholique et protestant.

Le Journal de Lens

Inauguration - Presse

jeudi 25 octobre 1923

L’Avenir de Lens du jeudi 25 octobre 1923 (Mémoire de pierre)

La cérémonie d’inauguration du monument élevé à la mémoire des 745 poilus et des 343 civils tombés pendant la guerre, s’est déroulée dimanche.

La ville était parée pour la circonstance.
Un cortège se forma vers 15 heures, auquel participaient plus de 40 sociétés, et parcourut les rues de la ville.
En tête venaient le conseil municipal et les membres du comité d’érection.
Le monument est élevé sur l’ancien emplacement de la station des tramways. Une foule d’environ 10000 personnes s’est massée autour de l’estrade où les orateurs ont prononcé leur discours.
Aussitôt le voile tombé, la musique entonne la Marseillaise.

En remplacement du maire malade, M. Bédart prononce un impressionnant discours au nom de la municipalité.
Puis ce fut le tout de Jules Mousseron, poète mineur, qui récita des vers en patois, et de M. Stirn, sous-préfet de Béthune, qui dans un vibrant discours, glorifia l’héroïsme des disparus de Liévin.

Enfin, les enfants des écoles, sous la direction de M. Delangre, donnèrent une ode aux morts. La cérémonie s’est déroulée sans une note discordante. Liévin a honoré dignement ses morts.

L’Avenir de Lens

1924

Cahier des Charges

lundi 22 septembre 1924

AdPdC-Lievin-2O-10754

Devis

lundi 22 septembre 1924

Devis complémentaire des travaux à exécuter

AdPdC-Lievin-2O-10754

Délibérations Conseil municipal

jeudi 23 octobre 1924

Construction du square et monument aux morts de la Guerre
Approbation du devis complémentaire et vote de crédit

AdPdC-Lievin-2O-10754

1925

Procès-verbal de Réception

vendredi 2 janvier 1925

AdPdC-Lievin-2O-10754

Travaux

vendredi 2 janvier 1925

Décompte des travaux exécutés

Entreprise DELMOITIEZ

Travaux non prévus au devis = 48724,53 frs
Travaux non prévus au devis =  45 897,90 frs

ENsemble 94622,43 frs

à déduire Rabaix 1% Reste 93676,21 frs

 

AdPdC-Lievin-2O-10754

Délibérations Conseil municipal

mercredi 7 janvier 1925

Avis sur une demande de rmeboursement de cautionnement

AdPdC-Lievin-2O-10754

Adjudications

vendredi 9 janvier 1925

Procès verbal d'adjudicaiton
Aménagement d'un square réservé à l'édification d'un monument aux morts de la guerre 1914-1918...

AdPdC-Lievin-2O-10754

1976

Déplacement

1976

Installé à l'origine rue Jean-Jaurès (sur l'ancien emplacement de la station des tramways), le monument a été déplacé en 1976 rue Defernez dans le square Barbusse ce qui eut pour conséquence de modifier l'apparence du monument : le bas-relief fut séparé de la base du monument.

2005

Rénovation

mercredi 21 décembre 2005

En 2005, le conseil municipal de Liévin décide de remplacer le monument aux morts de la commune en faisant réaliser une réplique en bronze dans les ateliers de la fonderie municipale de Mouscron (Belgique). 

Cette solution présente l'avantage d'offrir un monument qui résiste aux épreuves du temps, au contraire du monument original en pierre souple. 

Le 21 décembre 2005, le monument aux morts quitta donc la rue Defernez pour la Belgique. Il bénéficia alors d'une restauration (colmatage des trous et fissures), avant d'être enduit d'une matière type "silicone" pour pouvoir passer au moulage. L'opération exigeait 10 mois de travaux, mais ce délai dû être rallongé car la municipalité souhaita le retour du monument pour les commémorations du 8 mai 2006. Toutefois, l'opération de duplication n'étant pas achevée, le monument dû être rapatrié de Belgique jusque Liévin (avec son habillage de silicone), avant de repartir vers les ateliers de Mouscron. 

2006

Cérémonies diverses

lundi 8 mai 2006

Mai 2006, le monument est de retour pour la cérémonie du 8 mai - Mémoires de pierre

2007

Ré-Inauguration

mardi 8 mai 2007

Jean-Pierre Kucheida, Député du Pas-de-Calais, Maire de Liévin lors de l'inauguration du nouveau monument aux morts 

La réplique en bronze du monument a été inaugurée le 8 mai 2007. Le monument original pour sa part a été mis à l'abri en attendant de retrouver une place dans un endroit à l'abri des intempéries.

2017

Déplacement

20107

Le monument se trouve dans le jardin public, devant la Maison de Tous, Rue du 4 Septembre.

Dernière modification : jeudi 14 août 2025

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