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- Conflits commémorés
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- Type de monument
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Une statue de «Poilu » domine un piédestal posé sur deux niveaux d’assise formant emmarchement. L’ensemble est installé sur une base maçonnée qui sert également d’ancrage à la grille métallique qui protège le monument sur quatre côtés.
La statue visible au sommet du monument de Mers-sur-Indre correspond au modèle du “Poilu : On ne passe pas” réalisé par le sculpteur Paul Herblay, élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, oeuvre dont des reproductions furent diffusées par Paul Moretti, marbrier à Moulins dans le département de l’Allier. Paul Herblay serait le gendre de Paul Moretti et lui aurait donc fourni des modèles que ce dernier diffusait (http://www.monumentsauxmorts.fr/cariboost1/crbst_149.html).
Le combattant casqué (il porte un modèle du type Casque Adrian) et en uniforme, maintient de sa main gauche le canon de son fusil près du côté droit de sa poitrine. Sa main droite est appuyée contre la crosse, mais sans que son doigt ne soit sur la détente. L’extrémité distale de la crosse repose sur un tas de blocs de pierres situé derrière la jambe gauche du Poilu. La jambe droite en retrait soutenant l’essentiel du poid du corps du Poilu fait ressortir le carectère statique de l’attitude représentée. Il en est de même de la pointe du brodequin qui dépasse du bloc rectangulaire, base à la statue. Cela renforce l’impression d’un homme sur ses gardes. Il convient de noter que le combattant qui tient son fusil partiellement relevé n’est pas plus dans une position permettant immédiatement un combat à la baïonnette Il est en effet vraisemblable qu’à l’origine une baïonnette devait être en place au bout du canon de son fusil comme sur le monument aux Morts de la commune de Franchesse dans le département de l’Allier. La baïonnette ne se trouve en effet pas dans son fourreau qui est visible contre le flanc gauche du Poilu. Les plis de sa capote, largement remontés sur les côtés afin de faciliter sa progression laissent bien voir ses bandes molletières. Sa ceinture soutient à l’avant deux cartouchières, une troisième étant fixée au bas de son dos. Cette dernière est partiellement recouverte par une musette alors que plus à droite un quart (une tasse en métal pour boire) semble supendu à une gourde.
Sur la face antérieure du bloc rectangulaire servant de support à la statue du Poilu est gravé l’inscription : “ON NE PASSE PAS”.
En dessous le “Piédestal” dominé par un entablement en léger ressaut est constitué d’un massif subrectangulaire se terminant à la base par une forme plus élargie.
L’inscription principale se trouve sur une plaque de de teinte noire enserrée dans la face antérieure du massif subrectangulaire. La partie supérieure de cette plaque est ornées de trois bandes constituant un faux cadre avec dans les angles supérieurs à gauche et à droite des chevrons tricolores. En dessous une croix latine représentée inclinée et de biais est entrecroisée avec une palme, le tout de teinte dorée. En dessous sur 10 lignes en lettres d’or, l’inscription principale. A la base les angles inférieurs à gauche et à droite sont ornés chacun d’une palme.
Au même niveau, deux autres plaques de teinte noires sont incerrées sur les faces latérales du massif subrectangulaire. Elles portent par ordre alphabétique, en lettres d’or, sur deux colonnes les noms et prénoms des 54 enfants de la commune morts pendant la première guerre mondiale (de Aufrère à Dagois sur la face latérale gauche, puis de Dulys à Tourat sur la face latérale droite)
A la base de la face latérale droite du piédestal est gravé le nom du constructeur du monument : “MORETTI” et entre parenthèse le nom de la commune où se trouve son atelier : Moulins dans le département de l’Allier.
Un monument tout à fait similaire et fourni également par Paul Moretti fut inauguré le 24 septembre 1922, il se trouve sur la commune de Villeneuve-sur-Allier dans le département de l’Allier (http://www.monumentsauxmorts.fr/cariboost1/crbst_149.html).
Sur la face antérieure de la base du piédestal du Monument de Mers-sur-Indre par la suite fut ajoutée une plaque de teinte grise à nombreuses inclusions de teinte bleu claire et bleu sombre.
. Sur la partie gauche de cette plaque figurent en lettres d’or à la suite de l’inscription «SOLDATS MORTS SOUS LES DRAPEAUX » : quatre prénoms et noms pour la période allant de 1922 à 1934.
. Sur la partie droite après «SOLDAT MORT POUR LA PATRIE 1939-1945 » figurent le prénom et le nom d’une seule personne.
Sur l’emmarchement de l’assise supérieure est posée une palme en alliage cuivreux. Celle-ci comporte des feuilles de chêne.
- Caractéristiques
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- Matériaux
- calcaire
- Prix
- 10 000 francs pour le monument + 1 200 francs pour les pierres devant recevoir la grille d’entourage
- Subvention de la commune
- 10 000 francs pour le monument + 1 200 francs pour les pierres devant recevoir la grille d’entourage
- Commentaires
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À la base du piédestal sur sa face latérale droite
MORETTI (MOULINS)
-
À la base de la face antérieure de la statue :
ON NE PASSE PAS
-
Sur la plaque fixée sur la face antérieure du piédestal :
AUX
ENFANTS
DE LA
COMMUNE
DE
MERS SUR INDRE
MORTS POUR LA PATRIE
1914 – 1918
–
HOMMAGE ET
RECONNAISSANCE
1914-18
Plaque latérale gauche sur le piédestal
colonne de gauche
AUFRÈRE Ernest
AUCLAIR Armand
ALAPHILIPPE Paul
AUGUET Georges
BOUSSIN Joseph
BOUSSIN Paul
BOUSSIN François
BLANCHET Jean Julien
BLANCHET Jean-Baptiste
BIDAULT Charles
BERNHARD Gaston
BIGAUD Jean
BRISSE Pierre
BRUNEAU Joseph
-
colonne de droite
BRUNEAU Jean
BLANCHARD Jacques
CHAMEAU Eugène
CHABIN Marcel
CHENUAT Sylvain Hippolyte
CADOUX Fernand
DENIS Alexandre
DENIS Jean
DESSOUBRAIS Émile
DAUDET Sylvain
DUMAY Jules
DAUBORD Eugène
DAGOIS Jean
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- Plaque latérale droite sur le piédestal
colonne de gauche
DULYS Gustave
DAUGERON Ernest
DESMAZIÈRES-Dufour Frédéric
FRAUDET Lucien
FARINAUD Auguste
GUILLEMIN Alexandre
GIRAUD Georges
JAUDON Alexandre
JOURNAUD Baptiste
JOURNAUD Joseph
LAMY Augustin
LEMAITRE Édouard
LIMOUSIN Robert
MALGUID Denis
-
colonne de droite
MILITON Henri
MÉRIGEON Gustave
MARTINET Daniel
MOREAU Léon
MOULIN Armand Victor
PIOT Raymond
PIOT Louis Joseph
RAGOT Ernest
SALMON Ernest
SABOURIN Camille
SACHET Jean-Baptiste
TINTURIER Désiré
TOURAT Alexandre
1939-45
Jean JAUDON (Jean Jaudon, né le 31 mars 1913 à Nohant-Vic dans le département de l’Indre, militaire au 66 Régiment d’Infanterie, mort pour la France le 14 mai 1940, à Sommière en Belgique entre la vallée de la Meuse et la vallée du Flavion).
* Les précisions entre parenthèses proviennent des fiches individuelles sur le site internet Mémoire des Hommes.
Autres
Soldats morts sous les drapeaux
Paul PIOT 1922
René André LIMOUSIN
Louis LIMOUSIN 1925
Roger MOREAU 1931
Robert BOUQUIN 1934
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- Archives Départementales de l’Indre 2 O/120 art. 7.
- Journal du département de l’Indre du jeudi 19 octobre 1922.
- http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=36120&dpt=36&idsource=31249&table=bp05
- Coordonnées : 46.6582885, 1.8819602
- Google Maps
- Apple Maps
- Localisation
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en centre-bourg sur la place de l’église, au sud de l’église Saint-Martin.
La face antérieure du monument est tourné vers la D38, c’est-à-dire vers le sud-ouest.
Historique du monument
Délibérations Conseil municipal
dimanche 5 juin 1921
Le 5 juin 1921, réuni sous la présidence de Hippolyte Joliveau, le Maire de Mers-sur-Indre, le conseil Municipal “décide de faire élever un monument aux enfants de la commune Morts pour la France pendant la Grande Guerre.
Le Conseil décide d’inscrire au budget addtionnel de 1921 la somme de 10.000 francs pour faire face à cette dépense, demande que l’Etat lui vienne en aide par une subvention, demande en outre l’autorisation de Mr. Le Préfet d’ouvrir une souscription dans la commune. Cette souscription sera versée entre les mains du Receveur Municipal pour être employée au monument”.
Cette délibération fut approuvé le 16 9bre (novembre) 1921 par le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Devis
mercredi 30 novembre 1921
Le 30 novembre 1921 est établi un “Devis pour l’érection d’un Monument commémoratif pour la Commune de Mers (Indre)” sur papier à entête “Marbrerie Sculpture. Monuments Funèbres.. Paul Moretti. 60 rue de Paris. Ateliers rue Gaspart Roux. Moulins, Allier” .
Il comporte :
- Un Monument Poilu “On ne passe pas” : 6.000 francs,
- marbres et inscriptions : 900 francs,
- marches du piédestal : 900 francs,
- fouille, maçonnerie : 800 francs,
- fournitures pour la pose, ciment, goujon, etc : 50 francs,
- transport et emballage : 500 francs,
- pose du monument : 850 francs.
Pour la somme de 10.000.
Moulins, le 30 novembre 1921” Ce document est signé Moretti avec à côté un Tampon “Sculpture Marbrerie – Paul Moretti - rue de Paris Moulins Allier”
Ce Devis fut approuvé le 3 décembre 1921 par le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Marché de gré à gré
jeudi 1 décembre 1921
1er décembre 1921 : “Traité de gré à gré passé entre la commune de Mers (Indre) et Monsieur Moretti Entrepreneur à Moulins pour la Construction d’un Monument sur la place de la Commune à la Mémoire des Morts de la guerre.
Entre les soussignés
1° Monsieur Joliveau Hippolyte Maire de Mers (Indre) agissant en vertu de la délibération du Conseil Municipal en date du 14 août 1921, approuvée par le Préfet le 16 novembre 1921,
2° Monsieur Paul Moretti, marbrier 60 rue de Paris à Moulins, il a été convenu ce qui suit :
Monsieur Moretti s’engage à ériger sur la place de Mers un Monument Commémoratif des Morts de la guerre conformément au plan et devis approuvés par le Préfet le 16 novembre 1921.
Le Maire s’engage à payer à Monsieur Moretti la somme de 10.000 francs. Ce prix comprend, monument fouilles mise en place transport et inscription des noms des Morts de la commune”. Ce traité porte le tampon “Sculpture Marbrerie – Paul Moretti - rue de Paris Moulins Allier” et la signature Paul Moretti, ainsi que le tampon de la Mairie de Mers-sur-Indre et la signature du maire : “Joliveau”.
Ce traité de gré à gré fut approuvé le 3 décembre 1921 par le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Marché de gré à gré
jeudi 15 juin 1922
15 juin 1922 : “Traité de gré à gré passé entre la commune de Mers (Indre) et Monsieur Gaudebert serrurier à Mers pour la construction d’un entourage en fer pour le monument sur la place de la commune à la mémoire des morts de la guerre.
1° Monsieur Joliveau Hippolyte Maire de Mers (Indre) agissant en vertu de la délibération du Conseil Municipal en date du 14 août 1921, approuvée par le Préfet le 16 novembre 1921,
2° M. Gaudebert, serrurier à Mers S. Indre
et a été convenu ce qui suit :
Monsieur Gaudebert s’engage à fournir et poser un entourage en fer autour du monument commémoratif des Morts de la guerre, conformément au plan et devis approuvés par le Préfet.Le Maire s’engage à payer à Monsieur Gaudebert la somme de 760 francs”.
Cette traité de gré à gré fut approuvé le 5 juillet 1922 par le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Délibérations Conseil municipal
jeudi 10 août 1922
Le 10 août 1922, “Nous soussignés Joliveau, maire de la Commune de Mers-sur-Indre et les membres de la Commission M. Boué Anatole et M. Prot Paul, conseillers municipaux, nous sommes réunis à la Mairie le 10 août 1922. Nous avons examiné les travaux destinés à la construction d’un monument commémoratf aux Victimes de la Guerre. Les travaux étant finis et donnant toute satisfaction et pouvant être reçus d’une façon définitive et rien ne s’oppose à ce que M. le Receveur Municipal paye M. Moretti, entrepreneur la somme de 7.000 francs qui lui revient sur le traité de 10.000 francs, M. Moretti ayant touché un acompte de 3.000 francs”.
Mémoire
jeudi 10 août 1922
Le 10 août 1922, l’entrepreneur Moretti établit un mémoire pour la commune de Mers-sur-Indre proposant la “fourniture de la Pierre pour recevoir la grille d’entourage au monument commémoratif des morts de la guerre” pour 1.000 francs et les “travaux pour la pose des pierres” pour 200 francs soit au total un montant de 1.200 francs”.
Un devis établi sur papier à entête “MONUMENTS FUNEBRES Paul Moretti Fils Jre. 60, rue de Paris. Ateliers rue Gaspart Roux Moulins Allier” précise “un entourage de pierre de Villebois (dans le département de l’Ain), taillé pour recevoir une grille de fer forgé qui entourera le monument donnant un carré de 3m90 x 3m70 compris fourniture et pose 1.200 Francs”. Le document est signé Paul Moretti et porte son tampon.
Il a été approuvé par le Secrétaire Général, au nom du Préfet de l’Indre le 12 septembre 1922
Marché de gré à gré
dimanche 13 août 1922
Le 13 août 1922, le Conseil Municipal de Mers-sur-Indre, “autorise le maire de traiter de gré à gré avec M. Moretti entrepreneur à Moulin Allier, pour la fourniture et la pose des pierres pour recevoir la grille d’entourage du monument aux Morts de la Guerre”.
Cette délibération du Conseil Municipal fut approuvée le 28 août 1922 par le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Paiements
dimanche 20 août 1922
Le 20 août 1922, un mandat de Paiement d’un montant de 1.200 francs est émis par la Mairie de Mers-sur-Indre au profit de “M. Moretti Entrepreneur à Moulins Allier” pour “fourniture de la pierre d’entourage et pose de la pierre”
Marché de gré à gré
mercredi 30 août 1922
Le 30 août 1922, un traité de gré à gré est passé “entre la commune de Mers-sur-Indre et Monsieur Moretti entrepreneur, à Moulins Allier, pour la fourniture et la pose des pierres d’entourage pour recevoir une grille au monument des Morts des Victimes de la Guerre. Entre les soussignés
1° Monsieur Joliveau, Maire de Mers-sur-Indre agissant en vertu de la délibération du Conseil Municipal en date du 13 août 1922, approuvée par le Préfet le 28 août 1922 et Monsieur Moretti, entreprneur à Moulins Allier, il a été convenu ce qui suit :
Monsieur Moretti s’engage à fournir et poser les pierres pour entourage pour recevoir une grille au monument commémoratif des Morts de la Guerre conformément devis approuvé par M. le Préfet.
Le Maire s’engage à payer à M. Moretti la somme de 1.200 francs”.
Ce traité de gré à gré fut approuvé le 12 septembre 1922 par le le Secrétaire Général au nom du Préfet de l’Indre.
Inauguration
dimanche 15 octobre 1922
presse ancienne
Inauguration - Presse
dimanche 15 octobre 1922
Dimanche 15 octobre 1922 – Inauguration du Monument aux Morts.
“Inauguration d’un Monument commémoratif à Mers.
Dimanche 15 octobre, favorisé par un temps superbe, la Municipalité de Mers-sur-Indre, dans la plus stricte intimité procédait à l’inauguration du monument qu’elle a fait ériger à la mémoire de ses morts de la Grande Guerre.
Toute la population, à laquelle s’était jointe une foule de parents et d’amis des familles éprouvées, venus des communes voisines, se massait, dès dix heures, dans l’église trop petite.
A la suite du prône, M. le curé de Mers(sur-Indre) magnifie l’héroïsme de nos poilus évoque leurs misères endurées stoïquement pour la défense du sol sacré de la Patrie, exalte la grandeur de leur sacrifice suprême et dit pour quelles raisons le monument qu’il va tout à l’heure bénir doit être l’objet de la vénération de tous. Il est et restera la pierre funéraire : pour ceux qu’on n’a pas pu ramener du front et leur redonner une sépulture au cimetière familial, comme pour ceux dont les restes sont éparpillés aux quatre coins des champs de bataille.
La cérémonie religieuse terminée le cortège est arrivé composé (de la façon suivante) : école de garçons, école de filles, clergé, Pupilles de la Nation portant les palmes et les gerbes de fleurs, les drapeaux, le conseil Municipal, la Société Amicale des Poilus de Mers(sur-Indre), la foule. Il se déroule dans un silence impressionnant et dans le plus grand ordre, par les rues pavoisées de feuillages et de guirlandes aux couleurs nationales pour se rendre au cimetière.
Plus impressionnant encore, l’arrêt du cortège devant chaque tombe de soldats ou des gerbes de fleurs sont déposées.
Au retour, arrêt devant le monument commémoratif, oeuvre de Paul Herblay, élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.
Après la bénédiction, M. le Maire d’une voix très ferme procède à l’appel des morts inscrits en lettres d’or sur le marbre noir scellé sur les deux faces, à droite et à gauche du piédestal.
A chaque nom, les enfants répondent “Mort au Champ d’honneur”.
Puis la série de discours commence au milieu du plus profond silence.
M. Joliveau, maire, après avoir expliqué pourquoi le Conseil Municipal de Mers(sur-Indre) a pris l’initiative de l’érection du monument commémoratif et du dépôt d’une palme de bronze, évoque les souffrances et l’héroïsme de nos braves combattants, nous engage à conserver vivante la mémoire de nos glorieux morts et adresse les condoléances émues de la Municipalité à leurs familles endeuillées”.
Vient ensuite le discours de M. Eugène Châtelain, un blessé de guerre qui “au nom de tous ses camarades mobilisés pendant la grande et terrible guerre” dépose une palme au pied du monument en précisant : elle “est et restera toujours un témoignage de fidèle reconnaissance et d’éternel souvenir pour nos vaillant camarades tombés au Champ”.
Vient ensuite le discours de M. Touratier, instituteur à Mers-sur-Indre :
“Souviens-toi des Morts, ô vivant
Qu’on fini trop tôt leur carrière
Et qui, dans leur course guerrière
Sont tombés, la face en avant !
Combien, sous la neige on disparus, cent
Furent enfouies, sans même une prière
Souviens-toi des Morts, ô vivant
Qu’on fini trop tôt leur carrière
Combien 1er jour de gloire arrivant
N’ont point vu crouler la barrière
Ni la victoire monter derrière
Monter comme un soleil levant
Souviens-toi des Mort, ô vivant !
C’est par ces strophes parties du coeur et empreintes de pitié reconnaissante que notre plus grand poète de terroir Gabriel Nigond (Gabriel Nigond, 1877 – 1937, est né au 149 rue Grande à Châteauroux, dans le département de l’Indre), nous invite à ne pas oublier nos glorieux morts. “Morts ah ! que leur souvenance en ce jour quatre ans espéré flotte avec les couleurs de France dans cet air qu’ils ont libéré”. Invitation superflue, car il sait bien que nous autres français, citadins et paysans et en particulier paysans de la Vallée Noire, si nous sommes revenus de bien des illusions, si nous avons perdu bien des traditions, nous avons conservé au plus haut point le culte des morts, à plus forte raison celui des héros tombés au Champ d’honneur. Aussi voyons-nous surgir dans chaque commune ces modestes monuments élevés en souvenir de la grande Guerre. Je dit modeste, entendons nous, ce qualificatif est employé à dessin, car il n’a pas été dans l’esprit, pas plus des promoteurs, que des souscripteurs de comparer les sacrifices accomplis aux petits efforts pécunaires destinés à les commémorer. J’aurais donc voulu mieux... et moins.
Mieux : au lieu d’émietter les efforts communaux, il eut été préférable de les grouper par arrondissment et même comme cela eut lieu pour nos Mobiles de 1870 par département. Les subventions communales réunies aux cotisations particulières eussent permis de faire oeuvre durable, d’un réel sens artistique et pouvant commémorer dignement l’héroisme surhumain de nos glorieux poilus.
Moins : dans chaque commune, j’eus désiré trouver “A l’école, à l’église. Leurs morts obscures et triomphants. Min qu’chacun des p’tits enfants. Chaque jour les épelle et les lise !”. Tel que cependant, quoique nous n’ayons point l’oeuvre originale, parce que tombée dans le commerce, ce monument avec son Poilu sur la défensive, les muscles tendus à craquer, jetant son cri sublime : “On ne passe pas” est de belle allure et montre le goût de son auteur et de ceux qui ont contribué à son érection.
Une ombre cependant, mais les ombres, selon la loi des contrastes ne sont-elles pas nécessaires pour mettre les parties importantes en valeur.
Et cette ombre est une erreur d’orientation qui constitue un anachronisme.
Notre combattant regarde l’ouest.
Les invasions primitives, romaines, asiatiques ou arabes nous sont venues du sud, mais depuis les germains, le péril est passé par le nord et l’est.
Est ce que ce monument réserve l’avenir ? Notre Poilu se dresse-t-il contre les asiastiques ou contre les africains ? quel péril nous menace ? Péril jaune ou péril noir ?
Je regrette donc que la face principale du monument ne soit pas tournée vers l’orient et j’y aurais vu un autre symbole. Un poilu, les yeux au ciel, contemplant au-dessus des champs de batailles et des petites mesquineries locales, l’augure d’une ère nouvelle, montant avec le soleil levant, vers la Fraternité des Peuples et l’abolition des guerres impies, atroces et combien trop fréquentes.
Car vous n’ignorez pas Mesdames et Messieurs, que si notre mobilisation s’est faite sans heurts, si nos soldats ont combattu pendant quatre longues années sans désespérance, que si les paroles de réconfort sont parfois venues de l’avant vers l’arrière c’est parce que nos combattants pensaient que cette guerre serait la dernière guerre.
Ils désiraient, ils voulaient que le sacrifice de leur vie ne soit pas un vain sacrifice.
S’ils faisaient bon marché de toutes leurs misères, c’est parce qu’ils croyaient qu’elles devaient éviter dans l’avenir à leurs enfants et petits-enfants de pareilles souffrances.
Leur ténacité a eu sa récompense, la victoire est venue.
“Le bon grain remplace l’ivraie,
Voici la moisson qui nous paie,
De quatre ans durement vécus,
Au bord du Rhin, dans l’aube grise,
La France avec nous s’est assisse !
Les Invincibles sont vaincus !”
Et de fait, depuis l’armistice, la France monte la garde au Rhin.
Ce n’est pas le lieu d’étudier si cette garde est efficace, si les invincibles momentanément vaincus ne se ressaisiront pas, si nous verrons jamais les milliards avec lesquels nous devons procéder aux réparations et assurer le service des pensions dont nous continuons à faire les avances et si le reproche que m’adressa un américain dans le rapide de Marseille : “vous avez tort de ne pas aller à Berlin. Vos réparations, vos pensions seraient assurées, vous nous auriez placés en présence d’un fait acquis nécessité par votre sécurité et nous vous aurions continué notre aide sans songer à vous accuser d’impérialisme” (se révélera juste). Nos soldats ont gagné la victoire, mais le bénéfice de la paix est ajourné. Force nous est de rester comme notre Poilu sur la défensive :“Si vis pacem, para bellum” : “si tu veux la paix prépare la guerre”, si tu veux être respecté, soit fort. Nous devons faire nôtre cette devise, continuer à travailler avec méthode, sans emballement et sans découragement pour conforter l’oeuvre de nos chers et glorieux morts.
Mes chers enfants,
Nous avons tenu à vous associer à cette manifestation du souvenir, si imposante par sa simplicité. La toute petite palme offerte avec vos cotisations se trouve grandie par le fait que chacun de vous y a mis tout son coeur.
Nous venons d’évoquer devant vous la mobilisation de 1914, quelque-uns de vous marchaient à peine et ne se rappellent la guerre que par les absences prolongées et les permissions brèves d’un père ou d’un grand frère et les yeux rouges d’une maman. N’oubliez pas que sur 262 mobilisés toute une grande partie s’est assise sur les mêmes bancs que vous :
21 sont morts sur le champ de bataille,
10 des suites de blessures de guerre,
6 de malaldies à l’hôpital,
4 dans leurs familles et 7 portés disparus,
soit 48 qui ont payé de leur vie le salut de la Patrie et votre tranquilité enfantine.
Et combien d’autres ont été blessés, même plusieurs fois et souffrent encore de leurs blessures.
Nous ne sommes plus à compter les citations, Croix de guerre, Médailles Militaires, nous trouvons même une Croix de la Légion d’honneur.
D’ailleurs les qualificatifs élogieux ne manquent pas nous n’avons que l’embarras du choix et vous devez être fiers que ceux qui les ont mérités appartiennent à votre école.
Voici un motif de citation : “s’est porté spontanément sous un tir de barrage, pour remplacer un camarade blessé”.
Ecoutez cet autre : “sous un tir très précis et très violent en toxiques et explosifs, est resté à son poste jusqu’à ce qu’il tombe suffoqué. Ranimé à repris son travail, donnant ainsi un bel exemple de courage et de sang froid”.
Ecoutez aussi les suivantes prises au hazard dans le livre des citations : “Il a fait preuve d’une énergie rare et d’une méprise du danger”; “s’est fait remarquer par son courage et son dévouement” ; “a donné maintes preuves de son courage. A été tué sur sa pièce en tirant jusqu’au dernier moment” ; “blessé mortellement, a fait preuve d’une énergie rare en recommandant à ses camarades, qui lui portaient secours, de se mettre à l’abri, lui n’ayant plus besoin de rien. A expiré sans une plainte”.
Tout commentaire affaiblirait la portée de tels motifs.
Que ce monument nous rapelle ces exemples et vous invite à les méditer et à vous inspirer.
La Municipalité que nous devons tous remercier pour le zèle et le goût qu’elle a apporté à son édification le met sous votre protection.
Que vos jeux en soient éloignés de peur de maladresses qui pourraient le détériorer.
Et qu’il soit en toutes circonstances l’objet de votre vénération et de votre respect, comme doit être toute chose sacrée”.
L’article signé A.T. s’achève par : “la population se souviendra de cette journée consacrée dignement à nos chers morts, comme il se devait, sans réjouissances bruyantes, il y a tant de papas, tant de mamans, tant d’épouses et tant d’orphelins qui pleurent en ce jour ensoleillé, l’absence d’un être cher” (Journal du département de l’Indre du jeudi 19 octobre 1922).
Informations déposées par DUBANT Didier
Dernière modification : jeudi 25 septembre 2025